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Le Livre du Mois

Le Livre du Mois

Depuis octobre 2022

Livre du mois d'avril 2023

Auteur(s) : José María Arguedas (Auteur péruvien)
Titre(s) : « Le Renard d’en haut  et le Renard d’en bas »
Éditeur : Grevis

Publication MD : mars 2023 — Page 25

L’analyse CD-P-LI :
Le livre du mois : Le Renard d’en haut et le Renard d’en bas de José Maria Arguedas, auteur péruvien, ouvrage sorti aux Éditions Grevis, (Petite maison associative basée à Caen) ouvrage préfacé par Jean-Marie Gustave Le Clézio.
C’est un livre qui s’inscrit dans la logique des livres du Monde et qu’ici sur notre site et en lecture nous privilégions. Et de plus le MD en parle.

Il décrit un Pérou à l’aube du XXème siècle, le petit port de Chimbote en plein développement grâce surtout à la transformation et l’exportation de la farine d’anchois.
Le récit est parsemé de différents personnages tous pittoresque les uns des autres, des tranches de vie sur pattes, une population interlope issue des Barriandas (bidonvilles), tous plus ou moins bariolés de sentiments contradictoires, souffrant de douleurs, fraternisant ou s’ignorant, s’abrutissant de travail, d’étreintes plus ou moins clandestines et d’alcool, des personnages catastrophés par la cruauté du capitalisme, ce qui fait dire à l’un des personnages lucide entre deux verres d’alcool.

Tous nos hommes qui s’affrontent ici à Chimbote portent des siècles sur leurs têtes, ils sont les continuateurs très sui generis d’une bataille qui a surgi depuis que la civilisation existe …

… Oui, bien sûr, mais quand notre auteur fait dire naïvement civilisation, il faut lire et dire en douce confidentialité civilisation colonisatrice.

José Maria Arguedas (1911 – 1969) est un écrivain majeur de la littérature sud-américaine, ses deux précédents ouvrages sont sortis aux Éditions Gallimard Les Fleuves profonds et Tous sang mêlés sont les plus connus de son œuvre ; Arguedas était également poète, anthropologue et éthologue.

Ce livre inédit en France est un livre posthume. Rosana Orihuela la traductrice a fait et refait un travail d’investisseuse de la langue particulière de Arguedas en essayant de respecter les langues du Pérou bousculées par le castillan métissé de quechua, d’argot et d’espagnol policé jusqu’à la distinction et mélangé avec du yankee de base, si bien que le préfacier Le Clézio, puriste de la langue française relève la pertinence de la traductrice de voir une syntaxe bousculée, de la conjugaison malmenée et autre prononciation approximative des protagonistes mais qu’ici témoignent du tragique et de la violence de cette société.

Un récit qui s’approche du chaudron bouillant d’une société péruvienne en attente de son heure d’exister.
A noter que la construction, du récit est entrecoupé à chaque chapitre du propre journal de l’auteur, une construction témoignage du complexe édifice de la création littéraire et du cheminement d’une pensée face a la cruauté du capitalisme
La fin du récit est ponctuée dans le journal de l’auteur qui annonce aux lecteurs son suicide prochain, suicide qu’il réalisa en 1969.

Livre du mois de mars 2023

Auteur(s) : Lutz Seiler (Auteur allemand)
Titre(s) : « Stern 111 »
Éditeur : Verdier

Publication MD : février 2023

L’analyse CD-P-LI :
Une évocation de la vie de ceux qui ont fui une Allemagne pour retrouver une autre Allemagne, celle de l’autre côté du Mur de Berlin.
L’histoire poignante de l’émancipation d’un pays à reconstruire.

Le titre Stern 111 fait référence à une marque de radio qui au même titre que la fameuse Trabant pour la voiture emblématique de la RDA, Stern 111 était la radio-portative déterminante de sa domination médiatique qui trônait sur la table à repas dans tous les ménages est – allemand, un objet iconique des années 1960, l’équivalent du Teppaz français

La destruction du Mur se révéla très tôt autre, ce qui n’était plus, bien sûr c’était un nouvel espace de liberté, mais cela fut aussi une difficulté d’appréhender la transition, la lente métamorphose, apprendre à se débarrasser de toutes les scories liées à l’ancien pouvoir et ce ne fut pas évident.

Quand on a été Allemand démocrate de l’Est, c’est dur d’être démocrate de l’Ouest, la notion n’étant pas la même.
Stern 111 est en quelque sorte l’appareil-objet qui donne la parole tout d’abord à Walter Ulbricht, puis celle ensuite de Erich Honecker, l’appareil qui donne lien, le tour de force littéraire c’est seulement vers la fin de l’ouvrage que le nom de cet appareil magique est livré aux lecteurs : Stern 111
Finalement une connotation de belle connivence : une étoile à la table des repas démocrates de la RDA

Stern 111 est-il une réponse au journal Stern de l’ouest, chaque étoile brille selon son rayonnement. ? C’est une interrogation de lecteur, rien n’est dit dans l’ouvrage.

Le couple protagoniste de la petite Histoire face à la Grande Histoire qui se reconstruit, la famille des Bischoff, Monsieur et Madame décident d’envoyer un télégramme à leur fils Carl âgé de 26 ans afin de lui demander pendant qu’eux quittent l’Allemagne de hier pour épouser l’Allemagne d’aujourd’hui et avant que la frontière ne se referme à nouveau, ils lui demandent de revenir à la maison pour être le gardien de leur appartement et de veiller sur leur voiture , non pas une vulgaire Trabant, mais une sidérante Shigoli produite en URSS. Les uns partent dans un sens, l’autre va dans un autre sens, c’est la migration des uns et des autres.

Mais le jeune Carl seul dans sa maison s’ennuie, il a bien trouvé dans la cave une belle réserve de cidre, mais il s’emmerde et à bord de sa Shigoli il va se diriger vers Berlin-Est pour découvrir la ville d’avant lui qui vient de la campagne.

Et s’en suit la suite burlesque, grotesque d’un voyage au ridicule de la RDA se décomposant, avec une respiration de temps à autre d’un échange de lettres avec les parents qui de leur nouvelle Allemagne rêvée se sont exilés aux États-Unis par fidélité disent-ils au rockeur Bill Halley qu’ils avaient bien connus avant que se construise le mur, le rock a une autre architecture de sons et de transformation d’une musique point couvre-feu mais de protocole différent. Il découvre un espace où la poésie de la liberté retrouvée est vite rattrapée par l’Union monétaire entre les deux Allemagne et les affaires reprennent et la poésie fout le camp, des poètes – fantômes errent dans une nouvelle Allemagne

Un livre dense 570 pages, la problématique de l’ouvrage non résolue : rester sur place et construire un nouveau monde fraternel ou tout laisser derrière soi et partir.
Un livre à lire…et que je vous recommande si vous êtes passionné de littérature du monde, le livre charnière de la carnification allemande. Lutz Seiler est un romancier.

Livre du mois de février 2023

Auteur(s) : Chu T’ien-hsin (Auteur taïwanais)
Titre(s) : « Ancienne Capitale »
Éditeur : Actes sud

Publication MD : janvier 2023

L’analyse CD-P-LI :
Ce mois-ci, un auteur d’un pays inhabituel : Taïwan et une perception différente d’écriture.
Petit rappel historique
Chu T’ien-hsin est une écrivaine taïwanaise particulière, elle est chinoise présente sur cette île-pays qu’est Taïwan lors de la débâcle nationaliste de 1949 et de la scission entre Mao Tse Toung et Tchang Kaï-chek.
Taïwan est une île revendiquée par la Chine et surtout île-pays revendiquant son indépendance, c’est beaucoup pour exister ; superficie de l’île : 36.197km2, à titre de comparaison la Suisse a une superficie de 41.285km2.
Chu T’ien-hsin a la réputation d’être une personnalité forte pour les taiwanais, une sorte d’icône littéraire, dans cet ouvrage qui est un long monologue s’adressant à elle-même en utilisant donc la deuxième personne. C’est une quête difficile qui explore la conception plurielle de l’identité taïwanaise surtout avec la menace de la Chine sur l’île qui revendique le rattachement de l’île à la Chine continentale.
Petit résumé historique pour rafraîchir la mémoire
Cette île fut remarquée par les navigateurs portugais qui l’appelèrent Formoso ce qui veut dire Belle, devenue par la suite Formose, pour être ensuite colonisée par les Espagnols, puis les Hollandais, ceux-ci furent ensuite chassés par les Mandchous qui prennent le contrôle de l’île, pour être occupée ensuite par les japonais lors de la guerre sino-japonaise.
Après la défaite du Japon, lors de la dernière guerre, le Japon remet l’île à l’ONU que celle-ci cède ensuite à la Chine avec l’aval des États-Unis, ce qui permet à la Chine Populaire de justifier actuellement ses prérogatives de voisin.
Par la suite, et pour résumer très brièvement, la Chine s’entre déchire entre trois gouvernements en parallèle, il y a aussi la déchirure entre Mao et Tchang Kaï-chek, ce dernier trouve refuge sur l’île de Formose devenue Taïwan et proclame celle-ci République de Chine, Washington reconnaît Tchang et cette nouvelle appellation reniant la Chine communiste, dite République Populaire de Chine. Tchang de son vivant, président plus ou moins dictateur entretient le mythe de la reconquête de la Chine continentale sans y réussir.
Le fils de Tchang succède à son père et introduit la démocratie avec la notion de plusieurs partis.
Depuis, d’autres présidents se sont succédé.
Pékin considérant Taïwan comme une province d’outre-mer, Taïwan République de Chine est considéré comme un état libre refuge des nationalistes de 1949 ayant trouvé refuge dans l’île, elle est actuellement reconnue par 21 pays membres des Nations Unies, par exemple pour info : La Suisse ne reconnaît pas Taïwan mais a économiquement des liens très fructueux avec l’île de Taïwan, c’est la neutralité à la Suisse.
Bref résumé et approche du livre,
Ancienne capitale est une méditation sur l’enracinement, c’est une œuvre ancrée dans l’histoire de Taïwan, ce texte écrit en 1996 ressort maintenant, il a un style bien à lui.
Juste l’amorce du récit, le tout début du récit :
Tes souvenirs compteraient-ils pour rien ?
En ce temps-là le ciel était bien plus bleu, si bleu qu’il vous donnait la nostalgie de la mer toute proche, et faisaient paraître les nuages d’été encore plus blancs, comme des châteaux qu’on aurait édifiés avec de la neige.

Et la fin du livre.
… Près de l’autopont, le mur gris qui s’élevait de plus en plus haut comme un mur de prison, était propre, pas un seul graffiti dessus rien ! Quel est cet endroit ? Tu éclates en sanglots.
Une mer qui danse, une belle île, c’est ici que c’est accompli la destinée de nos ancêtres.
Entre 165 pages et ces deux phrases, il y a le rapport complexe de l’auteure-narratrice avec cette île liberté et prison à la fois que Chu T’ien-hsin défini par cette sentence :
Une terre sans maître, une île sans attache.
Je recommande la lecture de ce livre pour mieux connaître ce pays.

Livre du mois de janvier 2023

Auteur(s) : Nazim Vahabi (Auteure iranienne)
Titre(s) : « Je ne suis pas un roman »
Éditeur : Tropismes

Publication MD : décembre 2022 — Page 25
Article : Dans les sens interdits (signé Bernard Daguerre)

L’analyse CD-P-LI :
Le livre soumis à l’éventuel intérêt de ce mois est Je ne suis pas un roman de Nasim Vahabi traduit du farsi par l’auteure elle-même.
A notre dernier café en décembre, nous parlions de la situation en Iran, ici dans ce récit, il y a exploration par la littérature.
Quelquefois les écrits sont plus efficaces, les politiques de chaque pays le savent.
Le thème du roman qui revendique le droit de ne pas l’être, comme dit dans l’article de Bernard Daguerre, c’est un texte mis aux arrêts par les censeurs du pays natal de l’auteur.
Nasim Vahabi est iranienne et vit en exil en France depuis 1998.
L’article est titré Dans les sens interdits et rien n’est plus juste que ce titre parabole, le texte court sur 182 pages avec une succession de chapitres tous pertinente de sensibilité et de résonance particulière.
Un bref résumé : une auteure à son manuscrit en attente de son autorisation d’être publiée, autorisation suspendue par le bureau de censure.
Lors d’un entretien avec le chef de service, l’auteure malgré elle se trouve enfermée dans la salle des manuscrits interdits ; elle imagine alors une folle et tendre romance avec une archiviste, les deux ont alors un projet dément publier les textes interdit dans leur pays, suit un panachage de toutes les situations les plus rocambolesques.
Nassim Vahabi nous transporte dans un monde où la liberté d’expression est brimée par une bureaucratie tatillonne aux allures d’une société où l’anormalité est monnaie quotidienne autrement dit une société dystopique.
Puis, il faut presque donner un coup de chapeau aux censeurs iraniens, par leur stupidité sans scrupules, ils obligent les écrivains iraniens, les cinéastes à devenir plus intelligents que les censeurs, ils cultivent les ornières vierges et créent des phrases ou des séquences qui savent contournés la lecture première.
Ce qu’il y aussi d’intéressant dans ce petit livre de 182 pages, c’est la gestion du temps qui passe et de l’attente, avec aussi et surtout les enjeux de mémoire du monde et de l’organisation de l’oubli et de la fin de vie.
En tous les cas, un livre recommandé à lire pour comprendre un peu mieux la société iranienne.

Livre du mois de décembre 2022

Auteur(s) : Sotiris Dimitriou (Auteur grec)
Titre(s) : « Heureux soit ton nom »
Éditeur : Quidam

Publication MD : novembre 2022 — Page 24

L’analyse CD-P-LI :
Pour commencer un petit commentaire sur l’auteur ; Sotiris Dimitriou est un auteur venu du Nord de la Grèce, né à Épitre en 1955.
Il a travaillé toute son adolescence et quelques années d’adulte comme chef d’une équipe de balayeurs dans les rues d’Athènes ; c’est dire qu’il est autodidacte.
Son destin a basculé lors de la parution de son premier livre, depuis il en a rédigé une bonne douzaine.

Heureux soit ton nom, c’est l’histoire de deux sœurs prises et tiraillées par l’Histoire la Grande, puis aussi la petite histoire, celle qui reflète la vie de tous les jours et les projections de la Grande Histoire, sur la mentalité aussi du pays, en l’occurrence l’Albanie.

Ce livre est servi par l’admirable travail de traduction de Marie-Cécile Fauvin qui ici a fait un travail remarquable essayant de reconstituer le parler local avec sa rudesse en français – pas évident, langue plutôt dite savante – en ayant recours à des équivalences en vieux français (et cela fonctionne).

On y voit et entend, surtout on le lit à haute voix, une langue dialectale, servie d’une grande pudeur et la beauté et la nécessité de faire résistance pour faire vivre, survivre cette langue comme un témoignage primordial d’un monde qui s’échappe, c’est aussi grâce à cette traduction que l’on est amené à faire inventaire de mots oubliés de la langue française et qui donne existence et beauté à ce texte rude.
Juste quelques impressions de lecture :
jargner en plus – le temps broussailleux – ébravayer les chiens. Ribouté des yeux – un soleil rentrant – tamiser une pluie fine – ributé des yeux – etc

Beaucoup de métaphores de la vie paysanne fleurissent dans ce récit, c’est un bonheur de le lire.
C’est un livre que je recommande vivement pour appréhender la culture de ce petit pays.

Livre du mois de novembre 2022

Auteur(s) : Daniel de Roulet (Auteur suisse) 
Titre(s) : « L’Oiselier »
Sous-titre(s) : En Suisse, des perturbateurs
Éditeur : La Bacconière

Publication MD : septembre 2022 — Page 25

L’analyse CD-P-LI :
L’Oiselier, un petit livre de Daniel de Roulet qui arbore en un ouvrage sorti aux Éditions la Baconnière une plume critique sur la Confédération Helvétique et la création du Canton du Jura.
Tout d’abord l’approche livresque du sujet par son écriture toujours blanche sans tentative de fioritures de belles phrases il décrit les débuts de l’histoire jurassienne née aussi de la violence des Béliers.
Daniel de Roulet par cet ouvrage l’Oiselier inscrit son ouvrage dans une fiction inscrite dans son temps, très distinct de la fameuse fiction intimiste qui a fait la richesse de notre littérature, il précise même que si la Suisse se proclame sans histoire, elle ne peut être en dehors de l’Histoire, de ses violence, de ses secrets.
Anthony Burlaud, Directeur en science politique, conclue son billet en disant que Daniel de Roulet expose, suggère ne conclut pas, et le lecteur sort du livre convaincu que la Suisse n’est pas un pays au-dessus de tout soupçon.
En Suisse, il y a des perturbateurs est le titre de l’article et ils ont nom Rousseau, Ziegler, Frisch, Durrenmatt, mais aussi Niklaus Meienberg que justement Daniel de Roulet met en scène dans son ouvrage, un livre que je vous recommande…
Je crois que certains dans l’assistance l’ont déjà lu, les avis sont partagés… l’un se déclare un peu déçu, on n’apprend rien que l’on ne sache déjà, un autre répond que c’est une trace livresque car souvent le livre répand mieux la mémoire.

Livre du mois d'octobre 2022

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Café Philo 02

Tome 2

Roman philo Tome 2

Claude Claverie dit Cocavi, compagne de Denis Gardon, n’étant plus, elle est devenue personnage de son histoire vécue, revenue de l’illusion de vivre pour l’illusion de la fiction

Épisode 1

Mars 2023

Fri-fri Cotin, elle semblait intéressée par le nouveau venu, c’était un bel homme, elle aussi, elle avait le minou pensant, elle se dit de l’angle qu’elle avait choisi, l’invité et Denis verraient et admireraient ses belles jambes.

 

Episode 1

La suite du tome 1…

Il fut le premier sur les lieux faisant sa tournée d’exception, sautant de chaises en chaises, s’étirant sur la table, s’arrêtant pour renifler une odeur suspecte, il releva sa petite frimousse et sourit, il n’était plus seul. Les deux compères Mesdemoiselles la Muerte et La Vida étaient là, elles prirent place, le chat Chester en ronronnant les salua.

 

Frifri-Cotin au bras d’elle-même fut la troisième arrivée, elle aimait être en avance pour bien choisir sa place, une place d’où elle pouvait montrer ses jambes qu’elle estimait à tort ou à raison dignes d’être regardées et suggérer qu’à la jonction de celles-ci il y avait un trésor, puis il y eu un trou de plusieurs minutes, suivies d’autres minutes plus mortelles, que se passait-il, personne à l’horizon

 

Elles se regardèrent toutes les trois… que se passait-il ? Chester n’ayant pas conscience du temps les observait, il sentait de l’inquiétude… Les autres n’étaient pas là, même pas Cocavi ni Denis. Les trois compères interloqués se mirent à discuter sur la Vie, la Mort, et Fri-fri Cotin du Plaisir de la petite mort dans la luxuriance de la Vie, Chester écoutait et prenait mentalement des notes en se disant Chat alors…

 

Finalement la salle se remplit, l’invité était là accompagné de Cocavi et Denis arrivant en même temps, le trou, de presque une heure, fut éclairci, c’était le changement d’horaire, celui d’été. La corvée d’être attentif au temps qui passe.

 

On se poussait du coude… C’est qui ? On ne le connaissait pas. Un philosophe inconnu… Chester de sa place d’observateur continuait à observer, de toute façon un inconnu reste un inconnu même s’il est connu que d’une personne ou d’un chat semblait-il se dire et celui-ci sauta sur la table et s’assit continuant son inspection, tournant lentement la tête de droite à gauche puis oscillant un zoom arrière dans l’autre sens, de gauche à droite… un objet inusité posé sur la table l’intriguait et visiblement le perturbait, il s’agissait de la clé de voiture de Marguerite qui distraite l’avait posée là, finalement Chester prit une décision d’un coup de patte énergique, il envoya au loin la clé répréhensible, avec une prescience de chat sportif, il shotta dans le but de la jupe de Marguerite, elle eut le bon goût d’en rire, lui, ne comprenant pas ce rire moqueur se leva et se retira dédaigneux, fier de sa liberté d’esprit.

 

Fri-fri Cotin, elle semblait intéressée par le nouveau venu, c’était un bel homme, elle aussi, elle avait le minou pensant, elle se dit de l’angle qu’elle avait choisi, l’invité et Denis verraient et admireraient ses belles jambes.

 

Denis, lui, elle aimerait bien se le faire, mais malgré des appels du pied, il ne mordait pas malgré son patronyme de poisson, lors d’une pause elle lui avait fait comprendre de manière claire qu’une philosophie horizontale ensemble ne lui déplairait pas, mais elle ne perdait pas espoir.

 

L’inconnu ayant un esprit de contradiction apparemment inné se leva et alla s’asseoir parmi le public laissant sa place libre.

Cela commençait curieusement.

Souvenez-vous lors d’un précédent épisode Jean Paul Tarte, avait pris derechef la place de Cocavi, là, Cocavi et Denis avaient prévus la place de l’invité, mais celui-ci rétif le jouait modeste, ce qui finalement déplut fortement à Frifri-Cotin n’étant plus dans le champ de vision de l’invité ce qui la fulmina furieusement.

 

Il avait de grosses lunettes à monture noire, Cocavi aimait ce genre de lunettes ; elle avait essayé de convaincre Denis de se munir de tels carreaux binoclés, lui il n’aimait pas, il trouvait que le regard était prisonnier et que cela n’embellissait par le porteur, et que quelqu’un qui éprouve le besoin de se binocler le visage de telle façon était un timide hargneux, qui voulait s’imposer par des lunettes imposantes, Cocavi n’était pas d’accord sur ma perception, elle trouvait que cela donnait plutôt de la force, de la classe… moi, je soutenais le contraire, ma force, ma classe était naturelle et non un artefact de pacotille, cela veut donc dire, ma chère que je manque de classe… entre Cocavi et moi, c’était ce genre de disputes qui était de monnaie courante entre elle et moi. Et elle était fâchée sur ma perception et me boudait.

Et partant de ce principe vestimentaire, elle avait un priori favorable sur l’individu, elle avait quelquefois de curieuses faiblesses.

 

Tout le monde regardait le nouveau venu… avec curiosité, c’est vrai, mais à ma perception, il avait le regard prisonnier, et quelqu’un qui se complaît dans cette allure physique me déplaisait, j’avais un priori défavorable, j’avais aussi quelquefois de curieuses faiblesses.

 

L’inconnu lui aussi se posait des questions, il s’interrogeait en écoutant les murmures sur l’interrogation de son identité, comment lui le philosophe le plus connu mondialement était inconnu de ces gens-là, pas croyable où vivait-on ici…

 

Marguerite curieusement très légère ce soir parlait des conflits entre spécialistes de la lunetterie et que tout cela était souvent le fait que tout cela était de la poudre aux yeux, même si quelquefois l’approche de la politique brouille la vue.

 

La coquette évoquée dans la première partie, elle prétendait que les lunettes c’était le bonheur réel, la jouissance de l’infini dans une vie elle-même finie… Elle était contente, elle avait réussi à placer une pensée philosophique, une qu’elle avait glanée ce matin au petit déjeuner, une pensée trouvée d’Alain Badiou dans Philosophie Magazine… un philosophe de gauche quand même, mais il n’était pas interdit à une résidente de Champel de marcher dans d’autres chemins vicinaux, diable, Champel ne cache point la forêt, philosophiquement il est bon de s’égratigner à d’autres… mais une question néanmoins la taraudait… qui était ce lunetté à grosse monture.

À suivre…

Claude Claverie et Denis Gardon

Thèmes déjà traités

Thèmes déjà traités

Depuis octobre 2022

Un petit mot de Denis Gardon, continuateur du concept Café Monde Diplomatique

Chers amis,

Suite à l’arrêt dû au Covid 19, au retrait de Mr Claude Sumi et au décès de Mme Claude Claverie, le Café́ Diplomatique, malgré ses pauses forcées, reprend ses activités.

Denis Gardon reste aux commandes du Café Diplomatique et vous convie à cette reprise à partir du mardi 11 octobre 2022.

    Thème du mardi 14 mai 2024

    MD avril 2024

    « L’histoire comme arme de guerre » — Pages 1 et 21

    Article de Benoît Bréville (directeur MD) 

     – – – 

     Livre du mois

    « Les sept lunes de Maali Almeida »

    De Shehan Karunatilaka (auteur sri-lankais anglophone)

    Thème du mardi 9 avril 2024

    MD mars 2024

    « Une justice au service des multinationales » — Page 19

    Article de Vincent Arpoulet & Meriem Laribi

     – – – 

    « Un silence arabe » — Page 28

    Article d’Akram Belkaïd

    Thème du mardi 12 septembre 2023

    MD août 2023

    « Le Temps des mercenaires » — Page 8
    Article de Philippe Leymarie
    Iconographie de Selçuk

    « L’Ukraine s’invite dans l’élection américaine » — Page 9
    Article de Serge Halimi
    Iconographie de Paco Pomet

    Le livre du mois :
    « La Conjuration des Imbéciles » — Page 25
    De John Kennedy Toole (Auteur américain)

    Thème du mardi 13 juin 2023

    MD juin 2023

    « L’Arménie en quête de soutien » — Page 12
    Article de Constant Léon
    Iconographie de la carte de la région

    Le livre du mois :
    « Avec la permission de Gandhi » — Page 25
    De Abir Mukherjee (Auteur bengali)

    Réflexions autour de « Ce que parler veut dire » — Page 26
    Article Nidal Taibi

    Thème du mardi 9 mai 2023

    MD avril 2023

    « Libération nationale ou lutte des classes » — Page 3
    Article d’ Alain Bihr et Yannis Thanasseros
    Iconographie de Jiri Kolar

    « Charles XII à l’assaut de la Russie » — Page 23
    Article de Lionel Richard
    Iconographie de Nicolas de Lammersin

    Le livre du Mois:
    « Dissipatio H.G. » — Page 25
    De Guido Morselli (Auteur italien)

    Thème du mardi 11 avril 2023

    MD mars 2023

     

    « L’illusion du nationalisme européen » — Page 3
    Article de Frédéric Lebaron
    Iconographie Goran Djurovic

     

    « L’Espagne , une monarchie zombie » — Page 6
    Article  Pablo Castarno
    Iconographie  Francisco de Goya

     

    Le livre du Mois:
    « Le renard d’en haut  – Le renard d’en bas » — Page 25 
    De José Maria Arguedas (Auteur péruvien)

    Thème du mardi 14 mars 2023

    Analyse de l’article de Timothée de Rauglaudre :

    « Le pape contre les croisades occidentales »
    page 22 (MD Février 2023)

    Analyse de l’illustration de Joaquin Reyes Urrutia :

    « Entre deux nuages »

    Dernière demi-heure :

    Analyse du contenu de l’article de Charles Enderlin, ainsi que l’illustration de Larissa Sansour Nation Estate page 9

    « Israël, le coup d’Etat identitaire »

    Sera évoqué également le livre, STERN 111 de Lutz Seiler auteur allemand.

    Thème du mardi 14 février 2023

    Les Noces de la Guerre et de la Vertu

    Camouflage de l’impérialisme occidental de Christopher Mott Chercheur associé Institut for Peace and Diplomacy Canada Analyse de l’iconographie de Gérard Laing illustrant l’article des pages 22/23

    D’autre part, un livre proposé à la lecture :
    Chaque mois analyse d’un livre proposé par le M.D . le livre est le suivant :
    Ancienne Capitale de Chu T’ien-hsin Auteur Taiwanais

    Article : Au carrefour des Mémoires Ed. Actes – Sud signé Jean-Jacques Gandini

    Thème du mardi 10 janvier 2023

    • Le thème abordé, inscrit au programme est un article du M. D.  du mois de Décembre :

       

        • Double langage au gouvernement italien signé par Hugues Le Paige   page 8
          Entre néolibéralisme et conservatisme autoritaire
          Analyse de l’iconographie illustrant l’article de Bruno Munari
      • D’autre part, un livre proposé à la lecture :
        Chaque mois analyse d’un livre proposé par le MD le livre est le suivant : Dans les sens interdits de Nazim Vahabi  signé Bernard Daguerre  page 25

    Thème du mardi 13 décembre 2022

    • Article : Les Iraniennes allument un brasier social. Par Mitra Keyvan
      Iconographie Protest Portraits de Newsha Tavakolian page 13 (Novembre 2022)

    • Littérature : Heureux soit ton nom de Sotiris Dimitriou Ed. Quidam Page 24 du MD (Novembre 2022)

    Thème du mardi 8 novembre 2022

    • Analyse de l’article de Pierre Rimbert, page 8 du Monde Diplomatique d’octobre :
      • Derrière la guerre, les affaires
      • L’Ukraine et ses faux amis
    • Livre proposé à la lecture :
      • « l’Oiselier » de Daniel de Roulet, page 25 MD
      • En Suisse, des perturbateurs

    Particularité du mois :

    Contumace de Francis Leclerc

    Faut-il un passeport pour philosopher ? (écoute et perception)

    • Votre témoignage philosophique…

    Thème du mardi 11 octobre 2022

    Un article du Monde Diplomatique du mois de septembre 2022 :

    • L’article de Serge Halimi et de Pierre Rimbert
      • Un voluptueux bourrage de crâne
    • Analyse de l’article et de l’iconographie de Jane Lewis illustrant l’article à la page 28
    • Analyse d’un article (écriture et iconographie) et éventuelle confrontation avec d’autres écrits sur le même sujet.
    Café Philo 02

    Tome 1

    Roman philo Tome 1

    Prologue

    Un texte… une façon d’être un dealer avec ses mots, ses phrases mélangés avec les miens…

    Un texte presque oxymore…

    La vérité est presque une fiction

    Ce roman en cours d’écriture
    et à raison de chaque mois sera réalimenter en vous livrant la suite

    Elle m’a dit avec un sourire mi-ironique – mi tendresse, « me voilà devenue un personnage de fiction, tu vas produire du beau à partir de moi… »

    J’espère… et sur la base de ses écrits, sur la base des échanges entre elle et moi, sur la base des Café Philo qu’elle animait avec passion avec le soussigné, elle est devenue personnage de sa fiction et des centres d’intérêts appréhendés, complice de ses compagnons de route que sont les Philosophes…

    « Philosopher avec le temps d’étudier la sagesse »,
    disait-elle…
    « la vieillesse c’est le temps de la pratiquer »,
    disait aussi l’ami Jean Jacques.

    Elle a été vieille par l’âge, mais restée éternellement jeune dans son esprit

    Sa chanson fétiche Bailler et Dormir faisait l’apologie du plaisir d’exister et de la volupté de paresser 

    Claude Claverie dit Cocavi,

    compagne de Denis Gardon,

    n’étant plus,

    (disparue volontairement le 24 août 2021

    en ayant recours à Exit – suicide assisté…

    elle était atteinte d’un cancer irrémédiable au pancréas)

    elle est devenue personnage de son histoire vécue, revenue de l’illusion de vivre pour l’illusion de la fiction

    Prologue

    Septembre 2022

    Elle m’a dit avec un sourire mi-ironique – mi tendresse, « me voilà devenue un personnage de fiction, tu vas produire du beau à partir de moi… »

    Épisode 1

    Septembre 2022

    Cocavi et Denis étaient fin prêts, préparés à être intelligents l’espace du moment.

    Episode 2

    Octobre 2022

    Le propos était bien conçu, pédagogique, voire persuasif… Le goût d’une maîtresse d’école avec des convictions bien ancrées, en tout cas moins coquette que l’autre…

    Épisode 3

    Novembre 2022

    Il disait fanfaron de lui – même qu’il avait une obligation intérieure non argumentaire à n’obéir à aucun jugement mais à une vérité de la chose…

    La Pause

    Décembre 2022

    Et, mon cher tu oublies le sens de la propreté cela c’est aussi la Suisse lança une voix dans l’assistance…

    Épisode 4

    Janvier 2023

    A qui ais-je l’honneur fis-je, fort opportunément pour permettre au lecteur de situer l’identité du Monsieur en question.

    Episode 1

    Elle écrivait alors…

    C’était une soirée d’hiver froide et banale.

    Les quelques flocons qui tombaient sur Genève se dépêchaient de fondre pour échapper à la tristesse ambiante des rues désertes.

    Dans la rue Jean Violette, le Café Jules Verne, telle une auberge providentielle sur les pas du voyageur fourbu, laissant filtrer à travers de ses vitres colorées la lumière d’un possible réconfort.

    Un petit groupe d’habitués ne s’y trompait pas puisque c’est là qu’ils venaient réchauffer leur âme réfrigérée en se serrant les uns contre les autres autour d’une table d’hôte.

    Il était l’heure.

    L’heure d’ouvrir un débat. L’heure de se confronter. L’heure d’exister. L’heure de philosopher.

    Cocavi et Denis étaient fin prêts, préparés à être intelligents l’espace du moment.

    La petite assemblée retenait son souffle, elle n’était pas là !

    Pourtant la nouvelle de sa venue s’était répandue comme une traînée de poudre.

    Peut-être retardait-elle son apparition pour mieux la réussir ?

    Effectivement, un frémissement parcouru bientôt l’assemblée : Elle entrait en scène, digne, le port altier, le visage serein, ses jolis yeux de poupée de porcelaine étaient mis en valeur par un maquillage délicat. La peau diaphane de sa gorge ne laissait personne insensible : invitation à caresse furtive ou à étreinte assassine ?

    Dans sa grande robe de comédienne, elle avait choisi un costume chic et sans ostentation malgré les pailletas, un ensemble style Champel, (le Neuilly genevois) de bon aloi.

    A ses admirateurs en quête d’un signe de sa part, elle octroyait avec parcimonie quelques marques de bienveillance discrète.

    La séance pouvait commencer.

    A l’instar du joueur de pétanque lançant le cochonnet pour ouvrir la partie, un courageux volontaire fit rouler sur la table un sujet genre auberge espagnole qui allait permettre de merveilleux carambolages oratoires

    Catastrophe ! Les convives s’observant avec circonspection en attendant mutuellement leurs premiers faux pas avec gourmandise, se tenaient cois en laissant stupidement ouverte la fenêtre où s’engouffra naturellement l’ange qui passa. La situation paraissait sans issue, s’en suivit alors un véritable feu d’artifice verbal : de la démonstration implacable et définitive à l’argutie sournoise en passant par la contorsion dialectique, ce n’étaient que festons, ce n’étaient qu’astragales. L’excitation était à son comble. C’était à qui ferait reluire son ego de la plus belle façon.

    Soudain Elle demanda la parole.

    Le temps suspendit son vol. Les participants se figèrent, attentifs et curieux. Une douce mélopée sortit alors de sa bouche les mots s’ordonnaient, mesurés et soigneusement assemblés. Puis ils se désordonnaient dans une savante graduation, la voix prenait possession de toute sa tessiture, le rythme s’accélérait et la rhétorique s’emballait en volutes incandescentes. C’était un festival de circonvolutions, d’anacoluthes et d’oxymores.

    L’auditoire était subjugué. Certains comprirent qu’ils n’avaient pas compris en raison de leurs limites, d’autres ne voulurent pas comprendre pour ne pas risquer de rompre le charme, enfin les derniers comprirent ce qu’ils voulaient bien comprendre et soit exultaient, soit ne demandaient qu’à croiser le fer avec elle.

    Des rancœurs sourdaient çà et là et le préposé à la modération des esprits, bien qu’habile automédon, avait beaucoup de mal à tenir les rennes de l’attelage, rappelons néanmoins que le vocable automédon ne s’emploie qu’en plaisanterie.

    On approchait de la fin. Serait-ce le bouquet final qui ferait joliment retomber les mots en cascades lumineuses et conviviales? Ou serait-ce l’explosion dévastatrice des polémiques laissant les âmes meurtries à son encontre n’allaient pas tarder.

    Elle se tenait sur ses gardes, les attaques à son encontre n’allaient pas tarder. Effectivement, une voix claire et posée devait bientôt s’élever pour s’opposer à elle.

     

    Episode 2

    L’offensive était d’autant plus redoutable qu’elle provenait d’une rivale au charme indéniable et dont les bagages témoignaient d’une excellente extraction.

     

    Le propos était bien conçu, pédagogique, voire persuasif… Le goût d’une maîtresse d’école avec des convictions bien ancrées, en tout cas moins coquette que l’autre…

     

    L’argumentation ne laissait aucune place à l’approximatif ni à l’à peu-près… Courageusement, elle fit front sans se démonter.

    Elle savait qu’en utilisant la même tactique que son interlocutrice savoir des tirs directs et précis, ses chances de succès étaient minces

    Elle sait impitoyablement faire la mise en pièces.

     

    Aussi, avec intelligence, envoya-t-elle plusieurs fumigènes accompagnés de projectiles à fragmentation déconcertante. Une terrible joute oratoire s’entamait.

     

    0n disait d’elle qu’elle s’appelait en réalité Marguerite Dubreuil ou je ne sais quoi d’approchant, quelquefois dans le feu de l’action verbale il arrivait que l’on l’interpelle en disant Marguerite Duras, elle en riait….

     

    Mais se sentait vexée de ne pouvoir exister en tant que Marguerite Dubreuil… mais en tout cas elle avait le côté bougon et bourru de la Duras et l’habitude de parler en ellipses… et le goût du jeu, elle était férue de bridge…

     

    Ce jeu au même titre que le bridge dentaire lui donnait position des remontrances entre ses dents.

     

    Une partie de l’auditoire se délectait avec perversité en lançant des encouragements insidieux aux deux championnes. Le combat montait en puissance, les protagonistes ne reculaient pas d’un pouce que cela pouvait durer toute la nuit.

     

    Il était temps que le Modérateur Denis siffle la fin du combat malgré les demain Ce fut fait et le calme revint.

     

    Un calme relatif et contraint qui laissait un goût d’amertume dans la bouche

    Tout avait été dit mais rien n’avait été démontré

    Tout s’était exprimés mais nul n’avait entendu.

    Chacun était resté l’étranger de l’autre.

     

    Peut- être une assemblée de carpes et de lapins aurait–elles mieux fait ?

     

    Étourdies par l’intensité du duel, dépitées de n’avoir pu faire rendre gorge à son adversaire, humiliées par les regards sarcastiques des uns et indifférence feinte des autres, elles décidèrent de disparaître dans la nuit froide.

     

    En les privant de leur présence, elles infligèrent toutefois une punition injuste et sévère au petit lot d’admirateurs qui restaient gré tout fidèle aux fidèles.

     

    Aussi le repas fut empreint d’une infinie tristesse. Elles n’étaient pas là ! Elle dont les mille facettes savaient si bien faire briller les idées. Elles dont le charme subtil envoûtait celui qui voulait bien s’abandonner. Elles, mirage aussi philosophes inaccessibles, là-bas, tout au bout du désert.

     

    La soirée s’achevait.

    Chacun allait retourner vers la banalité de son quotidien, conscient qu’il n’avait vécu qu’un moment de futilité.

     

    Mais cette futilité-là, finalement n’était- elle pas bénéfique ?

     

    Ne faisaient-elles pas partie des épices qui, Dieu sait par quel phénomène culinaire, étaient capables de relever le goût de leur vie ?

     

    Ah ! J’oubliais les deux championnes en question se nommaient Mlle Muerte, la coquette, l’autre s’appelait Mlle La Vida, éternelles rivales, elles avaient fait le pari du bonheur. La vie étant un chaos et un désordre admirable

     

    Cocavi et Denis étaient ravis, leurs deux championnes allaient s’étriper et maintenant elles étaient parties…

     

    L’humour permet d’être compagne des vicissitudes du terrain.

     

    La fiction des cafés Philo où chacun ou chacune s’attribue le droit de penser par l’intermédiaire d’un maître à dépenser les neurones, là on devient le brouillon d’un personnage de fiction qui lui relève du principe d’agitation et un café Philo sans agitations, sans prise de bec c’est comme adapter ses désirs à une collecte de rêves ancré dans une lucidité d’emprunt.

     

    Le parcours assigné d’un personnage de fiction dans la fiction d’un café philo n’est pas péril pour lui.

     

    Une hypothèse qui ne va pas de soi pour certains ou presque … on est là sans être là… ingurgitant ce qui peut être saisi digérer pour prétendre être un roseau pensant

    Être ou ne pas être philoicide…

     

    Ce jour – là celui qui était notre invité… avait la prétention de clamer qu’il était de trop haute naissance pour que l’on le possède instrument de quelque souverain de par le monde.

     

    Pas gonflé le mec…

     

     

     

    Episode 3

    Il disait s’appeler Henry David Thoreau et il avait une arrogance de stature que l’on pouvait prendre pour de la suffisance mais surtout comme l’affirmation d’une confiance inébranlable en soi

     

     Chaque fois qu’il était parmi nous on savait qu’il était là, il se posait… on disait qu’il ressemblait à Jules César… un être ordinaire pas tout à fait ordinaire… un homme du dedans, non oublieux du dehors,  sa renommée le précédant on disait de lui que c’était le Rousseau américain.

     

    Un écolo au café Philo et de plus américain… on aura tout vu… ce n’est pas parce qu’ils ont de grands espaces, que cela suffit d’être écolo marmonna marmoréenne Mademoiselle Vida

     

    Le gars en question avait un long nez ; une bouche étrange ; des manières rustiques quoique courtoises, qui correspondaient très bien à son apparence extérieure mais avec une laideur quand même honnête et agréable, et qui lui seyait mieux que la beauté.

     

    Il disait fanfaron de lui – même qu’il avait une obligation intérieure non argumentaire à n’obéir à aucun jugement mais à une vérité de la chose… une phrase passe partout qui ébranlait un peu la perception du reçu. Bref ce Thoreau-là avait une personnalité.

     

    Quelqu’un dans l’assistance dit : Cette autonomie revendiquée n’est-elle pas celle de la Suisse… tous se regardèrent.

    L’autre persista… Oui, c’est ce que la Suisse a essayé de mainmorte tout au cours de son histoire, des Helvètes jusqu’à nos jours, à travers la capacité de ses habitants, de ses sujets, à résister aux structures sociales et politiques totalitaires environnantes ?

     

    On se regardèrent à nouveau… Qui est cet olibrius ?  Un Suisse paquet surprise, vraisemblablement.

     

    Il insiste ma parole… il dit… Déjà ses ancêtres, les Helvètes, peuples certes guerriers, mais très cultivés, pas aussi barbares que les Romains le disaient, ces peuples venus du Nord, n’obéissaient pas à un Dieu transcendants mais immanent. Là se situe peut-être avec la différence avec leurs voisins…

     

    Aïe, aïe, firent repetita l’assemblée, tu veux dire par voisins, les français, ce curieux peuple… qui tua un Roi pour être en majesté de Président… il faut être philosophiquement bâtard du raisonnement.

     

    Mais lui sage continua : Ils avaient le goût de l’indépendance, un sens aigu de la responsabilité, un désir d’ailleurs plus fécond que leurs terres arides, mais un retour en sagesse à leurs terres d’origines après quelques pérégrinations. Ils développèrent un sens de l’accord entre force et subtilité pour fixer les limites en détail d’un contrat.

     

    Ouais, ouais… firent à nouveau repetita l’assemblée… les votations… il est vrai que nos voisins ne connaissent pas l’efficacité d’un pareil contrat passé avec le peuple.

     

    L’un savant déclara : que c’est tout au long des siècles le rôle très important de la diplomatie suisse pour ne pas rester isolée, car au centre d’un continent cette position géographique qui aurait pu l’étouffer ou lui infliger des tiraillements va développer chez ses habitants le goût de construire des réseaux en faisant confiance à ses peuples, à ses populations pourtant déjà très diversifiées mais sans l’ingéniosité.

     

    Le réalisme et le goût de l’efficacité avec prudence tout en essayant de se faire aimer, apprécier.

     

    Celui de l’assistance qui avait embranché la conversation sur la Suisse se leva et assena sa vérité.

    Messieurs… avec muscle et intelligence on a essayé à de conjuguer le souhaitable avec le possible dans un esprit référendaire, consciente de sa petitesse, la Suisse en tirer sa valeur : un mieux-être en paix… et voilà fit la Vida.

     

    La vie communautaire revendiquée va permettre de développer le goût du confort bourgeois même si, comme partout les différences entre bourgeois de souche et nouveau vont s’amplifier c’est ça la Suisse.

     

    Les opprimeurs oppriment d’autres bourgeois moins bourgeois tandis que les ouvriers oppriment d’autres ouvriers en passe d’être bourgeois… c’est la perfection helvétique.

     

    Ouais… l’église qui a pris le dessus, pendant un certain temps en tout cas jusqu’aux années cinquante, avec les franciscains et les dominicains, a perdu de son pouvoir fort heureusement ainsi que les seigneurs étrangers avoisinants, ruinés par les guerres.

     

    Tandis que la chose publique est revendiquée dans les différentes communautés urbaines et rurales suisses

     

    … et vous voyez, ma chère l’ouverture du Gothard a favorisé la stratégie commerciale des alliances avec l’extérieur et malgré la triste période de la peste, le schisme papal.et le tremblement de terre de Bâle, la pression des Habsbourg, la pugnacité des montagnards, des cantons a fait prendre consistance à la jeune Confédération toujours son allergie au pouvoir d’une seul, face au fonctionnement des États Européens qui obéissent aux diktats du grand Mons-arque autrichien…

     

    Et, mon cher tu oublies le sens de la propreté cela c’est aussi la Suisse lança une voix dans l’assistance…

     

    Beaucoup savaient qu’ils étaient en café philo, chercheurs de vérité, mais Lui, il savait qu’il était autre, il était tout simplement Sophos c’est à dire sage, un titre revendiqué, mais point sage par initiation, sage par les atomes que sa mère avait reçu en combinaison ou autre chose d’équivalent, en tout cas une combinaison qui ne peut que produire un sage, un sage divin en quelque sorte et surtout un sage français venu en touriste en Suisse.

     

    Fort de cela, il planait au-dessus de l’assistance avec la possibilité d’être dans la possession de ses auditeurs, dès lors sage parmi les sages.

     

    Il attendait que ceux de la ville voisine viennent lui rendre rémission mais attention, il fallait discipline d’allégeance on ne raisonne pas la même chose de chaque côté de la frontière, il y a des affinités qui sont des désaccords doctrinaux.

     

    Cocavi elle savait qu’elle n’était point sage agréée puisque femme, mais surtout parce qu’elle décortiquait trop, il ne la supportait pas.

     

    Il trouvait toujours ses interventions trop longues, elle était souvent rabrouée, lui, le Sage s’énervait quand elle prenait la parole, or le développement de sa pensée à elle était son charme et sa respiration.

     

    Lui Denis c’est tout le contraire, c’est quand il se tait qu’il pense…

     

    Ce jour-là, il avait été prévu d’écouter Thoreau et le thème prévu fut remplacé par la Suisse… Henry David partit mécontent.

    Jean Paul lui se marrait… il attendait la pause pour intervenir après la…

    La Pause

    Nous étions tous sortis -enfin les fumeurs pour prendre l’air- car les non-fumeurs en sortant pour prendre l’air auraient été perturbés, la fumée aurait aussi pris l’air, vous comprenez   – les autres comme Françoise dit frifri-cotin était sortie pour prendre éventuelle commande pour montrer sa propre philosophie horizontale, elle faisait ceci à chaque café philo.

     

    Charles Lutwidge Dodgson, plus connu sous le nom de Lewis Caroll, nullement philosophe mais mathématicien de la pensée qui passait par là, s’arrêta…

     

     … et toujours désireux de briller en société dit qu’en anglais le terme Wonder est à la fois la notion de merveille et d’autre part ce qui questionne, interroge, interpelle et qu’à ce titre…

     

    …  Il se sentait aussi philosophe comme les adultes qui ne semblent pas l’être, comme les enfants qui semblent l’être sans le savoir, or le savoir c’est au premier degré quelque chose d’enchanteur comme l’est cette fable de Jean de la Fontaine revue et corrigée par ses soins :

     

    Maître Corbeau sur un arbre perché

    Faisait son nid entre des branches

    Il avait relevé ses manches

    Car il était très affairé

    Maître Renard par-là passant

    Lui dit… Descendez donc compère

    Venez embrasser votre frère

    Le Corbeau le reconnaissant

    Lui répondit en son ramage

          FROMAGE

     

    Or, qui dit fromage dit qu’éprouver en quelque sorte un dépit secret, s’impatienter, être extrêmement contrarié ; sans pouvoir faire éclater son mécontentement, cela est problématique…

    et ou peut-on avoir la chance d’être sévèrement contrarié : 

    dans un café philo

    CQFD 

     

     

     

    Assise devant sa tasse de thé, Cocavi se remémore ses premiers cafés philo…

    La soirée s’annonce riche en rencontres et activités qu’elle aimerait partager avec d’autres, mais les autres ont d’autres priorités.

     

    Elle pense :

    Nous ne sommes pas faits pour l’éternité nous avons juste le temps de tenter de réparer nos ratés on se dit il n’est jamais trop tard pour œuvrer à aménager les contradictions nécessaires pour saisir le conciliable.

     

    La vie n’est pas une forteresse, trouver ses erreurs et son humilité en affirmant sa personnalité et ses responsabilités en convivialité, voilà les perspectives normales entre mère et enfants, femme et homme, nous sommes à ne pas vilipender, à faire fructifier dans nos pensées.

     

    Égoïste ou altruiste ? Ni l’une, ni l’autre, mais le goût des autres sans sacrifice…

    Quel que soit notre emploi du temps, à un temps ou à quelque temps, il faut vivre avec le temps emprisonné dans le sablier, ce temps n’est pas approprié, ce n’est pas son temps, le temps de rendre son tablier de femme, de mère, en 2 ou 3 mouvements, on court après le temps qui vous jette son temps à tout bout de champ.

     

    Réapprendre prendre son temps, avec la pluie des ans, c’est ce qu’elle tente et cherche maintenant sereinement à la pendule du temps : rester debout, quelque que soit les avenants. Dénoncer l’informe du temps d’avant et résister.

     

    Elle en était là de ses réflexions solitaires quand Sganarelle tenant en ses mains une tabatière surgit se trompant manifestement de lieu scénique apostropha tout ce beau monde de fumeurs : en agitant les bras, histoire de disperser la fumée.

     

    … Quoi que puisse dire Aristote et toute la Philosophie, il n’est rien d’égal au tabac, c’est la passion des honnêtes gens et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre…

     

    Elle se dit :   Que vient faire ici Sganarellle… il va débiter que le tabac inspire des sentiments d’honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent… la pause est faite pour cela… puis quand tout sera fini il réclamera ses gages… tout n’est pas prévisible – quand même.

     

    ... Non seulement, il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu et l’on apprend avec lui à devenir honnête homme.

     

    … que disais-je… rentrons …fini la recréation.

     

     

    FIN DE LA PAUSE

     

     

    Frifi-cotin est partie avec un vertical prêt à se complaire dans sa

    belle horizontalité

     

     –

     

    Episode 4

    Jean Paul qui s’était invité lui-même trônait à la place de Cocavi et prit le premier la parole de peur d’être interrompu, Cocavi n’eut comme seule ressource que de se transformée en membre du public, elle nota néanmoins qu’il n’était guère galant.

     

    Il dit : Il n’y a pas de héros nés, pas plus qu’il n’y a de lâches nés.

     

    Tout le monde se regardèrent… voilà que Jean Paul non content, de lui-même ce qui n’était pas nouveau, se gargarisait d’une phrase à l’envolée définitive.

     

    Oui à l’opposé de mon camarade Platon, je défends l’idée que l’on est libre d’accomplir nos actes, de choisir et de s’engager… Nous ne sommes pas naturellement courageux… Ce que les gens veulent c’est que l’on naisse lâche ou héros… Or, il y a toujours une possibilité pour le lâche de ne plus être lâche et pour le héros de cesser d’être un héros.

     

    Pris à partie, le camarade Platon en question répliqua :

     

    C’est parce que c’est une partie de la vertu que nous envisageons le courage… mais voilà peut-on choisir d’agir selon nos vertus, non, car la vertu n’est point naturelle à l’homme, elle ne peut s’apprendre, mais elle arrive par une influence directe divine à ceux en qui elle se rencontre ….

     

    Oui, lui répondit Jean Paul mais nous sommes une liberté qui choisit… mais nous ne choisissons pas d’être libres.

     

    On était parti pour tourner en rond la liberté rondin et picotin ou alors le jeu du mouchoir.

     

    Je voyais Cocavi s’énerver intérieurement, elle ne l’aimait pas beaucoup le Jean-Sol Patre, comme l’avait baptisé humoristiquement Boris Vian, le créateur de la chanson manifeste « On n’est pas là pour se faire engueuler », elle attendait que Jean Paul ait fini son défilé devant l’objectif imaginaire de sa fondamentale liberté de ne croire qu’en lui.

     

    Elle lui préférait Albert Camus… effectivement ni l’un, ni l’autre ne pouvait envisager d’être le guide philosophique de l’autre d’autant plus que l’un récusait à l’autre le droit de se considérer philosophe.

     

    Dans un coin du café Jule Verne un monsieur coiffé d’un melon est cravaté de belle prestance regardait la scène amusée, je le voyais amusé trituré un morceau de sucre… il prit brusquement la parole et d’une voix posée il dit :

     

    Mesdames, Messieurs, si je veux me préparer un verre d’eau sucrée, j’ai beau faire, je dois attendre que le sucre ponde… lapalissade direz-vous, non, que nenni je veux montrer, démontrer par là que pour obtenir de l’eau sucrée, il ne suffit pas d’additionner un concept d’eau et un autre concept de sucre. Il faut accepter de tenir compte du déploiement de la durée… autrement dit dans le cas présent la concept Sartre et celui de Camus se résoudra avec le temps c’est que la Vérité est possible… partout… dans tous les mondes suspendus à toutes les étoiles.

    A qui ais-je l’honneur fis-je, fort opportunément pour permettre au lecteur de situer l’identité du Monsieur en question.

     

    Henri Bergson me répondit : l’auteur de l’Évolution Créatrice

    De sa petite cuillère il brassait son verre d’eau… brassant l’eau avec le sucre… brassant le concept en question.

     

    Sur le rebord de la fenêtre, à l’extérieur du café, un chat souriait, un chat de Chester naturellement, il brassait l’espace de sa large queue.

     

    Pour moi, enchaîna Bergson, le changement de la vie à lui-même une unité interne, il est mû par une force créatrice et a sa dynamique et sa cohérence propre…

     

    Jean Pol Partre  désireux de ne pas être mis sur une voie de garage s’empressa d’exister en déclarant : Les valeurs sont le sens que l’on choisit de donner à sa vie, du reste l’existence précéder l’essence … mais les livres ont été mes oiseaux et mes nids, mes bêtes domestiques mon étable et ma campagne la bibliothèque, c’était le monde pris dans un miroir, elle en avait l’épaisseur infinie, la variété, l’imprévisibilité qu’importe d’ailleurs, monstre ou saint, du reste je m’en fous, je voulais être inhumain.

     

     

    Le chat sur le rebord de fa fenêtre redressa brusquement sa petite frimousse, comme si les propos de l’orateur le concernaient, pensait-il que les hommes devraient apprendre à miauler devant un philosophe qui aboie ses principes, on ne le saura jamais, il se leva et s’éloigna dédaigneux semblant se dire … le chat est né libre et je sais que je ne sais rien.

     

    Bergson désireux lui aussi de n’être pas écarté des cogitations se remit en selle en déclarant… Qu’y-a-t-il au fond de risible ? Un paysage pourra être beau, sublime, insignifiant ou laid, il ne sera jamais risible… il semble que le rire est besoin d’un écho…

     

    Ouais, fit Jean Paul Sartre cher Monsieur, il est rare qu’un homme seul ait envie de rire. L’Existentialiste est un humanisme, c’est rigolo, n’est-ce pas ?

     

    Le chat de sa patte tapa à la fenêtre, tout le monde se regardèrent et quittèrent la séance.

    Les philosophes ont le sens de l’heure.

     

    À suivre…

    Claude Claverie et Denis Gardon

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